La Cour suprême s'est adressée cette semaine au Service de sécurité intérieure (Shin Bet) et au gouvernement pour exiger qu'ils examinent la nécessité d'assurer la protection du président du parti « Les Démocrates », Yair Golan, et soumettent leur position motivée au tribunal dans un délai de 48 heures. Cette décision rapide a été rendue quelques heures seulement après que le parti de Golan a déposé une requête formelle à ce sujet, suite à des demandes préalables restées sans réponse favorable auprès des autorités.
Dans la requête déposée devant la Haute Cour, le parti soutient que la situation sécuritaire entourant Yair Golan nécessite une intervention immédiate. Selon les requérants, la police israélienne définit le niveau de menace pesant sur Golan comme élevé, et malgré cette évaluation, il reste sans protection. Le parti a joint à sa requête des documents détaillant, selon lui, une série de menaces de mort concrètes et explicites dirigées contre Golan et les membres de sa famille sur les réseaux sociaux et dans l'espace public. Certaines des menaces documentées incluent des appels explicites à une violence physique grave, à la pendaison et à l'utilisation d'armes à feu.
Avant de déposer la requête, le parti avait contacté le chef du Shin Bet, David Zini, en lui adressant un ultimatum pour la mise en place d'une protection, ce qui, faute de réponse, a conduit à cette démarche juridique. Le contexte juridique plus large de l'affaire réside dans une décision antérieure du comité ministériel sur les affaires du Shin Bet, présidé par le ministre de la Justice Yariv Levin. Selon les rapports, le comité a autorisé le Shin Bet à déterminer lui-même la réponse sécuritaire requise pour les chefs de parti jusqu'à l'investiture de la 26e Knesset. Dans ce cadre, la responsabilité de déterminer les dispositifs de sécurité pour diverses personnalités publiques, dont Yair Golan, Gadi Eisenkot et Ofer Winter, a été confiée au chef du Shin Bet.
Les représentants des « Démocrates » ont souligné dans leur requête que le niveau de risque de Golan est classé par la police au niveau 4 sur 6, un niveau qui, selon eux, justifie une action active des services de sécurité. La signification de la décision de la Haute Cour à ce stade est d'obliger l'État à présenter sa position professionnelle et juridique concernant l'évaluation de la menace et les critères guidant la protection des élus. Pour le grand public, le débat reflète la tension entre le devoir de l'État de protéger les élus et le pouvoir discrétionnaire exercé par les organismes de sécurité. Les parties attendent désormais la réponse de l'État, qui déterminera si les mesures de sécurité accordées au président du parti seront renforcées. Il convient de souligner qu'il s'agit des allégations du parti requérant, et que la décision de la Cour est une ordonnance visant à obtenir une réponse et non une décision définitive sur le fond.