Dans un article récemment publié dans 'Maariv', le Dr Eitan Lasri critique la manière dont la Cour suprême applique l'article 7A de la Loi fondamentale : la Knesset, qui permet de disqualifier des candidats contestant l'existence de l'État en tant que juif et démocratique ou soutenant la lutte armée contre lui. Selon l'article, la réalité israélienne a radicalement changé après les événements du 7 octobre 2023, nécessitant un réexamen des principes juridiques concernant la démocratie défensive.
Le Dr Lasri soutient que la Cour suprême maintient un seuil probatoire particulièrement strict, défini comme une 'masse critique', qui entrave l'application efficace de cette disposition. À titre d'exemple central, l'article cite l'annulation de la décision de la Commission électorale centrale concernant Ofer Cassif, qui a été autorisé à se présenter aux élections de la 26e Knesset par une majorité de sept juges, malgré les allégations concernant des déclarations problématiques.
L'auteur s'interroge sur la cohérence des juges de la Cour suprême, soulignant que dans la même procédure, le président Yitzhak Amit a adopté une position différente dans l'affaire de Sami Abu Shehadeh, ce qui a finalement conduit au retrait du candidat sans qu'aucun jugement motivé ne soit rendu. Une autre comparaison faite dans l'article concerne l'affaire Michael Ben-Ari de 2019, où l'auteur soutient que la cour a agi avec une plus grande détermination pour disqualifier un candidat.
Le Dr Lasri souligne que le public perçoit souvent un 'deux poids, deux mesures' lors de l'évaluation des candidats de différents camps politiques. Selon lui, alors qu'auparavant certaines déclarations pouvaient être interprétées comme une expression politique extrême, après le massacre et la guerre, le soutien à l'ennemi a pris une signification tangible qui ne peut être écartée comme une simple note de bas de page. L'auteur note également la décision inhabituelle du juge Noam Sohlberg, en tant que président de la Commission électorale centrale, de participer au vote concernant Abu Shehadeh comme un signe qu'il existe une reconnaissance interne de la nécessité de réexaminer les limites.
L'article appelle la Cour à adopter une interprétation mise à jour, adaptée aux menaces actuelles pesant sur l'État, tout en préservant les principes démocratiques. Selon l'article, il ne s'agit pas d'un appel à révoquer le droit d'être élu, mais d'une exigence de définir des règles claires, égales et uniformes qui permettraient à l'État de se protéger contre ceux qui cherchent à utiliser ses libertés pour lui nuire. En conclusion, l'article précise que l'indépendance judiciaire n'exempte pas le système de la critique, et que le prochain test pour la Cour suprême sera de savoir si elle continuera à s'en tenir à des tests juridiques écrits il y a des décennies ou si elle développera une ligne défendant efficacement l'État démocratique.