Les avocats Ori Ohad et Itai Shunshain, associés dans un cabinet à Petah Tikva, occupent une position unique dans le paysage juridique israélien : ils agissent à la fois comme avocats privés conseillant des autorités locales et des entités économiques, et comme élus siégeant bénévolement au conseil municipal de Petah Tikva. Cette double expérience, expliquée dans un entretien avec Walla, leur confère une compréhension approfondie des « zones de sensibilité » propres à l'administration locale, incluant des écueils politiques et gestionnaires invisibles pour les avocats extérieurs aux couloirs municipaux. Leur cabinet, dirigé par la juge à la retraite Noga Ohad, combine contentieux et conseil juridique avec une philosophie axée sur le service aux administrés.
Dans le domaine de l'urbanisme, les deux avocats identifient le principal frein aux retards de permis non pas dans la réglementation, mais dans le manque de personnel qualifié. Selon eux, les salaires limités du secteur public provoquent une fuite des cerveaux vers le privé, rallongeant les délais d'attente. Ils estiment qu'une amélioration des conditions d'emploi permettrait une efficacité accrue sans recourir à des réformes législatives drastiques.
Sur le plan judiciaire, le cabinet gère une procédure inédite susceptible d'atteindre la Cour suprême. L'affaire porte sur l'autorité de nommer un président pour le sous-comité d'urbanisme dans une municipalité où le maire n'a pas la majorité au conseil. Ici, le conseil a choisi un membre de l'opposition pour ce poste, ce à quoi le maire s'est opposé. Les avocats représentent le conseil et soutiennent que la loi lui permet de procéder à la nomination sans que le maire ne doive détenir cette fonction.
De plus, le cabinet est impliqué dans le dossier de l'avenir des sociétés de gestion des eaux en Israël, l'avocat Shunshain agissant comme conseiller juridique de l'organe représentant ces sociétés. Ils élaborent une position professionnelle contre les initiatives gouvernementales visant à dissoudre ces sociétés pour rendre leurs activités aux municipalités, tout en insistant sur le maintien du service public. Ils soutiennent qu'une transparence totale dans les appels d'offres et une coopération étroite sont essentielles pour réduire les recours administratifs et rationaliser l'action locale.