Le tribunal de district de Lod a tranché l'affaire des téléphones portables qui secoue le système judiciaire et public depuis janvier 2019. Dans un jugement retentissant rendu par le juge Oren Schwartz, il a été établi que l'ancienne journaliste de Galei Tzahal, Hadas Shteif, et la station de radiodiffusion militaire, dont l'État est responsable des activités, devront indemniser l'ancien président du Barreau d'Israël, l'avocat Efi Nave, d'un montant total d'environ 600 000 shekels.
Ce jugement pose des limites claires concernant l'implication des médias et des agents de l'État dans la commission d'infractions pénales pour obtenir des informations. L'affaire a débuté lors de procédures de divorce complexes de l'avocat Nave, au cours desquelles ses téléphones portables sont tombés entre les mains de son ex-épouse, Hani Nave. Selon les conclusions du tribunal, les appareils ont été transmis à Hadas Shteif, qui ne s'est pas contentée d'un rôle de journaliste passive, mais a agi activement pour promouvoir le piratage technologique des appareils.
Le juge Schwartz a souligné que Shteif a été l'intermédiaire ayant initié l'activité criminelle et le transfert de matériels confidentiels pour une discussion interne au sein de la station militaire. Le jugement a critiqué la conduite de l'État sur deux fronts principaux. Le premier concerne l'octroi d'une immunité à Shteif contre des poursuites en échange de la remise des appareils et des matériaux, une manœuvre ayant conduit à l'ouverture d'une enquête pénale contre l'avocat Nave, qui a été close ultérieurement.
Le second front concerne la responsabilité civile de l'État en tant qu'employeur de Shteif au sein de Galei Tzahal. Le tribunal a rejeté les arguments de la défense concernant l'« intérêt public » ou le secret journalistique, statuant qu'un organe étatique et ses journalistes ne sont pas autorisés à enfreindre la loi sur les ordinateurs et la loi sur les écoutes téléphoniques. Le juge a noté que l'intrusion dans les informations personnelles a causé un préjudice substantiel et irréversible à l'autonomie de l'avocat Nave, et que l'accord de divorce ne confère aucune autorité pour transférer des données privées à un tiers.
Par conséquent, l'État et Shteif ont été condamnés à verser à l'avocat Nave 450 000 shekels, plus les frais de justice et d'avocat. En outre, Shteif a été condamnée à 25 000 shekels pour la publication d'un post diffamatoire sur Facebook. Les plaintes déposées contre d'autres journalistes de la station ont été rejetées après qu'il a été établi qu'ils avaient reçu les informations de bonne foi. Le procès a été dirigé par les avocats Boaz Ben Zur, Guy Roah et Hadar Goldstein.
Le verdict sert d'avertissement sur la manière dont les médias opèrent pour collecter des informations et redéfinit les limites de ce qui est autorisé pour les reporters agissant sous l'égide de l'État.