Le tribunal de district de Lod a rendu un jugement significatif dans le cadre d'une poursuite intentée par l'ancien président du barreau israélien, Efi Nave, contre la journaliste Hadas Steif et la radio Galatz. Selon le rapport de Maariv, le tribunal a ordonné à Mme Steif de verser à M. Nave 450 000 NIS pour atteinte à la vie privée, ainsi qu'une somme supplémentaire de 25 000 NIS pour des publications diffamatoires sur Facebook. Le jugement clarifie les limites entre le journalisme d'investigation et les comportements contrevenant à la loi sur la protection de la vie privée.
Le jugement souligne que, bien que Mme Steif n'ait pas personnellement piraté les téléphones, elle a été reconnue comme l'instigatrice principale du processus. Selon les conclusions du tribunal, Mme Steif a fait l'intermédiaire entre l'ex-femme de M. Nave et la personne ayant effectivement piraté les appareils protégés par mot de passe, et a même approuvé l'extraction des données. Le tribunal a rejeté les tentatives de Mme Steif de s'appuyer sur les protections prévues par la loi sur la protection de la vie privée, jugeant que ses actions s'écartaient de l'éthique professionnelle. Le verdict établit qu'un journaliste ne peut prendre part activement ou aider à la commission d'une infraction d'obtention illicite d'informations tout en espérant bénéficier des protections légales accordées aux professionnels des médias. Les juges ont noté que l'atteinte à la vie privée découlait du piratage et de la consultation du contenu des appareils, et non du contenu journalistique diffusé au public.
Un aspect juridique clé concerne la responsabilité civile de l'organisme de radiodiffusion. Le tribunal a statué que Galatz porte la responsabilité des actions de Mme Steif, car celles-ci ont été effectuées dans le cadre de ses fonctions de journaliste judiciaire pour la station. Selon le tribunal, cette décision pourrait contribuer à renforcer un journalisme d'investigation plus professionnel et responsable à l'avenir. Ce point a des répercussions importantes pour les médias en Israël concernant l'embauche de journalistes d'investigation et la responsabilité découlant de leurs actes. Le jugement rappelle que la liberté de la presse ne confère pas une immunité face au droit de la responsabilité civile et à la protection de la vie privée, surtout lorsque des moyens illicites sont utilisés pour obtenir des informations.