Le droit d'accéder aux tribunaux est considéré comme une pierre angulaire du système judiciaire israélien, mais en droit de la famille, il peut devenir un outil problématique. L'avocate et médiatrice Rina Politi souligne un phénomène où des procédures judiciaires sont introduites non pas pour résoudre un litige réel, mais comme un moyen d'exercer une pression, d'épuiser l'autre partie ou de causer un préjudice financier. Selon Me Politi, ces conflits peuvent dégénérer rapidement en une succession de requêtes et d'actions, dont le fardeau financier est finalement supporté par toute la famille, nuisant souvent directement au bien-être des enfants.
Pendant des années, les tribunaux aux affaires familiales ont évité d'imposer des dépens élevés, souhaitant ne pas aggraver la confrontation entre les époux. Néanmoins, Me Politi avertit que cette retenue peut créer une incitation négative. En l'absence de crainte réelle de condamnations dissuasives, la tendance des plaideurs à introduire des actions sans fondement devient plus facile. Une procédure abusive est définie comme une action dépourvue de fondement factuel ou juridique réel, ou introduite de mauvaise foi, parfois avant même que les conditions de recevabilité ne soient réunies. Me Politi décrit un cas où une demande d'exécution d'accord a été déposée avant la date pertinente, le demandeur déclarant que son but était de causer un préjudice financier à la partie adverse. Dans cette affaire, le tribunal a clarifié que de telles procédures sont indésirables et a imposé des dépens au demandeur.
Le fossé économique devient encore plus complexe lorsqu'une partie bénéficie de l'aide juridictionnelle tandis que l'autre assume des frais de représentation privés élevés. Me Politi souligne que le prononcé de dépens dans les cas appropriés n'est pas une punition, mais un outil dissuasif visant à empêcher l'utilisation abusive du système judiciaire. Il est toutefois précisé que toute action rejetée ne constitue pas nécessairement une procédure abusive ; si une partie a agi de bonne foi et a tenté de parvenir à des accords, il peut ne pas y avoir de justification pour imposer une charge financière importante. La conclusion de cette analyse est un appel à la responsabilité. Avant d'engager une procédure en droit de la famille, Me Politi recommande d'examiner attentivement si un motif réel existe et si le litige peut être résolu via des outils alternatifs comme la médiation ou la négociation. La préservation des ressources financières dans l'intérêt des enfants doit être la priorité des parents, afin d'éviter un parcours judiciaire inutile et épuisant.