Dans un article publié sur ynet, le professeur Guy Hochman, expert en économie comportementale, discute de l'importance du principe de la présomption d'innocence dans le système judiciaire israélien à la lumière du débat public polarisé. Hochman souligne que la tendance humaine à punir avant le procès, influencée par l'identification politique, peut conduire à l'érosion des principes démocratiques fondamentaux. L'auteur distingue la « présomption d'innocence », qui est une règle juridique absolue, de l'interprétation subjective que le public donne aux faits.
Hochman note qu'il ne faut pas comparer à tort des procédures judiciaires se trouvant à des stades différents. Alors que dans le cas de l'ancienne avocate générale militaire, Yifat Tomer-Yerushalmi, aucun acte d'accusation n'a encore été déposé, les dossiers de Benjamin Netanyahu font l'objet d'une procédure judiciaire prolongée depuis 2020. Cette procédure a inclus des enquêtes approfondies, des auditions, des témoignages au tribunal et des contre-interrogatoires.
Hochman souligne que le rôle du tribunal est de trancher les différends factuels et juridiques sur la base de preuves, comme dans l'affaire 1000, où il existe un débat sur la signification juridique des cadeaux, ou l'affaire 2000, qui traite de conversations enregistrées. L'article illustre l'importance de la procédure judiciaire à travers l'affaire 4000, dans laquelle les juges ont noté des difficultés à établir l'infraction de corruption, illustrant la nécessité d'une clarification factuelle approfondie.
L'auteur soutient que le public a tendance à adopter un cadrage (framing) qui sert ses convictions préétablies plutôt que de se concentrer sur les faits bruts présentés à la décision des juges. Hochman aborde également les allégations concernant un manque de confiance dans le système judiciaire, notant que divers acteurs politiques, y compris ceux qui critiquent le système, choisissent souvent eux-mêmes de s'adresser à la Haute Cour de justice pour obtenir une réparation juridique.
Selon lui, nier la légitimité du système tout en y faisant appel dans d'autres cas crée une contradiction interne. En conclusion, Hochman appelle à éviter la « présomption d'identité » — une situation où l'application du principe de présomption d'innocence dépend de l'identité de l'accusé ou des opinions politiques de l'individu. Ce principe, selon l'article, doit rester en vigueur indépendamment de l'opinion publique, car le système judiciaire est la seule instance habilitée à trancher sur la base de preuves et d'une discussion factuelle, et non sur la base des croyances préconçues de la moitié du pays.