Un article d'opinion publié récemment par le Pr Moshe Cohen-Eliya dans « Maariv » formule une critique sévère de la gestion par le système judiciaire israélien des questions liées aux médias et aux nominations de haut rang. L'auteur se concentre sur une série de décisions judiciaires et procédurales qui, selon lui, constituent une tentative du système juridique de maintenir un pouvoir politique et une influence sur la conscience publique, tout en imposant des difficultés à l'échelon élu.
Au centre de la critique se trouve l'arrêt de la Haute Cour concernant Galatz (Radio de l'armée), qui a suscité un vaste débat juridique et public sur la question de savoir si les décisions gouvernementales de fermer des organes de diffusion pour cause de parti pris politique constituent une considération légitime ou une considération étrangère. Dans son article, le Pr Cohen-Eliya note que le juge Yechiel Kasher a établi dans son arrêt une distinction entre le « caractère étatique » (mamlakhtiyut) et l'insatisfaction à l'égard du contenu des émissions politiques.
Selon l'auteur, cette approche comporte une contradiction interne, car il est difficile de séparer le caractère étatique d'une station militaire des allégations selon lesquelles elle est clairement identifiée aux positions d'un camp politique spécifique. Un autre problème soulevé dans le texte concerne la manière dont le tribunal interprète les exigences légales, en faisant référence à l'article 21 de la Loi sur la Deuxième Autorité. L'auteur soutient que la Haute Cour permet en fait aux conseils de continuer à fonctionner avec une composition incomplète pour finaliser des procédures réglementaires, telles que des transactions médiatiques, une démarche qui, selon lui, témoigne d'une flexibilité interprétative au service des centres de pouvoir existants.
De même, la question de la prolongation du mandat de Yochpaz à la station Galatz est évoquée, l'auteur craignant que le tribunal n'utilise son autorité pour permettre une continuité de gestion exceptionnelle plutôt que de laisser la décision à l'échelon politique. Le Pr Cohen-Eliya critique l'utilisation accrue des arguments procéduraux comme outil pour empêcher les mesures politiques du gouvernement. Il compare le traitement minutieux des procédures aujourd'hui à des cas passés, tels que la nomination du chef d'état-major par un gouvernement de transition, qui, selon lui, n'ont pas fait l'objet du même niveau de contrôle judiciaire.
Dans un contexte plus large, l'article suggère que la lutte pour les médias en Israël n'est pas déconnectée de l'aspiration à contrôler la conscience publique, et que l'échelon élu devrait rencontrer des difficultés juridiques significatives dans toute tentative de modifier la structure du marché ou d'influencer le financement public des organes de presse. L'article cherche à mettre en lumière la tension inhérente entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif sur les questions de politique des médias, exprimant la crainte que le système judiciaire n'adopte une approche limitant la capacité du gouvernement à réaliser le mandat des électeurs dans le domaine des médias.