Lors d'une audience tenue à la Haute Cour de justice lundi dernier, une situation préoccupante concernant le projet pilote du ministère de l'Éducation visant à remplacer les assistants médicaux par des infirmières scolaires a été révélée. Le ministère a admis qu'il ne possède pas de base de données structurée incluant le nombre d'enfants souffrant d'allergies, la fréquence des réactions allergiques dans les établissements ou le nombre d'évacuations médicales d'urgence nécessaires suite à une exposition à un allergène.
Ces informations ont été révélées dans le cadre d'un recours déposé par l'avocat Gilad Bar Tal, au nom de l'association Yahal, contre le projet pilote actif dans dix écoles depuis la rentrée. Les requérants demandent l'arrêt du retrait des assistants médicaux dans les classes de CE1 et CE2, remplacés par une infirmière scolaire. Selon l'association Yahal, l'État présente ce projet comme appuyé par une recherche professionnelle, alors qu'aucune étude n'a débuté et qu'un appel d'offres pour identifier un organisme académique est toujours en cours.
Conséquence pratique : le modèle a été mis en œuvre sans infrastructure de recherche permettant d'évaluer sa sécurité ou son efficacité. Durant l'audience, les requérants ont soulevé des interrogations majeures sur la gestion des urgences en temps réel. Les représentants des parents se sont interrogés sur la marche à suivre par le personnel éducatif, le temps nécessaire pour alerter l'infirmière et le délai avant une prise en charge médicale adéquate. Par ailleurs, les plaignants ont vivement critiqué la position de l'Association des allergologues, arguant qu'elle néglige les aspects psychologiques des jeunes enfants souffrant d'allergies potentiellement mortelles.
Selon eux, la sécurité ne peut se mesurer uniquement par les cas extrêmes de décès ou d'incidents graves. L'association a insisté sur le fait que son opposition ne porte pas sur le changement en soi, mais sur la méthode unilatérale d'exécution, sans données claires ni indicateurs de succès prédéfinis. Pour les parents, les enfants ne doivent pas servir de sujets d'étude aux résultats incertains, surtout lorsque leur santé physique et mentale est en jeu. À ce jour, le ministère de l'Éducation maintient que le nouveau modèle est sûr, malgré l'absence explicite de données constatée au tribunal.