Le bureau du procureur du district de Jérusalem a déposé cette semaine auprès du tribunal de première instance de la ville un acte d'accusation contre le rabbin Meir David Shmueli (30 ans) de Jérusalem et Galit Dorit Kashi (56 ans) de Sde David. Les deux sont poursuivis pour le délit d'incitation au racisme, en raison de propos tenus et diffusés à la fin de l'année 2023. L'affaire a été ouverte suite à des plaintes déposées par les députés Waleed Al-Huwashla et Ahmad Tibi, et après un examen par le bureau du procureur, il a été décidé de déposer l'acte d'accusation pénal.
Selon l'acte d'accusation déposé par l'avocat Ariel Illouz, les événements ont eu lieu en pleine guerre « Épées de fer ». Le rabbin Shmueli, connu pour donner des cours de Torah dans diverses synagogues, a tenu des propos dans un cours enregistré et mis en ligne, dans lequel il a lancé de graves accusations contre le public arabe en Israël, et en particulier contre les médecins, pharmaciens et membres du personnel médical. Selon la description de l'acte d'accusation, le rabbin Shmueli a prétendu que les médecins arabes nuisent délibérément aux soldats juifs arrivant pour se faire soigner dans les hôpitaux, les qualifiant même de « meurtriers ignobles ». Il est également allégué que Shmueli a appelé ses auditeurs à éviter de recevoir des services médicaux de ces individus.
Parallèlement, Galit Dorit Kashi est accusée d'avoir diffusé sur sa chaîne YouTube une vidéo montée basée sur les propos du rabbin Shmueli. Selon le procureur, la vidéo a été publiée sous le titre « On n'embauche pas d'ennemis », accompagnée de diapositives appelant à douter de la nécessité d'employer des travailleurs arabes dans le système de santé et d'urgence. Les données montrent que la vidéo a reçu des milliers de vues. Le procureur soutient que ces publications ont été faites dans le but d'inciter au racisme contre le public arabe.
L'organisation « Tag Meir », qui a œuvré pour faire avancer l'enquête sur cette affaire, a exprimé une position complexe vis-à-vis de la décision du procureur. D'une part, l'organisation s'est félicitée de cette mesure, mais d'autre part, elle a affirmé qu'il avait fallu beaucoup de temps pour déposer l'acte d'accusation et a critiqué le fait qu'aucun délit d'incitation à la violence n'ait été inclus dans l'acte d'accusation.
Dans ce contexte, il convient de souligner que la culpabilité des accusés n'a pas encore été établie et qu'il s'agit d'allégations détaillées dans un acte d'accusation qui n'a pas encore été jugé par le tribunal. Cette procédure reflète la ligne adoptée par les autorités israéliennes chargées de l'application des lois concernant la restriction de la liberté d'expression lorsqu'elle confine à l'incitation au racisme, en particulier en temps de guerre et de haute tension sécuritaire.