Une tempête politique secoue le parti Likoud à la suite de la décision de la Haute Cour, qui a annulé à l'unanimité la décision du gouvernement de fermer la station de radio Galei Tzahal (Radio de l'armée). À la suite de la décision des juges, le ministre des Communications, Shlomo Karhi, a attaqué le président de la Knesset, Amir Ohana, sur fond de gestion des relations entre la Knesset et le système judiciaire.
Le différend, qui s'est déroulé sur le réseau social X, a suivi l'appel de Karhi au gouvernement pour qu'il ignore la décision de la Haute Cour et procède à la fermeture immédiate de la station. Dans ses propos, le ministre Karhi a formulé des critiques contre le président de la Knesset, se demandant pourquoi ce dernier n'avait pas répondu à la demande de 25 députés de discuter d'une motion visant à déclarer que les lois de la Knesset prévalent sur les décisions de la Haute Cour. Karhi a accusé Ohana d'avoir affaibli la Knesset face au système judiciaire et a soutenu que le président de la Knesset devait exercer les pouvoirs de l'institution au lieu de chercher des interprétations juridiques limitant son action.
Le président de la Knesset, Ohana, a vivement réagi à ces critiques publiques. Ohana a précisé que la demande soumise ne respectait pas le règlement de la Knesset, car elle comprenait des signatures de ministres, qui ne sont pas habilités à soumettre des motions à l'ordre du jour pendant la période de vacances parlementaires. Ohana a reproché à Karhi de choisir la voie de l'affrontement public plutôt que celle d'une approche directe, affirmant qu'il s'agissait d'une tentative de gagner la faveur du public au détriment du travail ciblé du parti.
De plus, Ohana a appelé Karhi à éviter les frictions internes et a soutenu que les élus devaient se concentrer sur les freins et contrepoids vis-à-vis du système judiciaire plutôt que sur des confrontations internes inutiles. Karhi, de son côté, a continué d'attaquer Ohana, affirmant que les failles procédurales évoquées n'étaient qu'une excuse et qu'Ohana avait fait preuve de faiblesse face aux conseils juridiques de la Knesset durant son mandat. Le ministre a également accusé Ohana d'avoir évité de se battre pour l'indépendance de la Knesset et de s'être rangé aux côtés du conseiller juridique dans des dossiers précédents.
Cet affrontement intense reflète la tension croissante sur la question des pouvoirs entre le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire, ainsi que les tensions internes au sein du parti au pouvoir après les récentes primaires. Pour l'heure, les deux parties échangent des accusations mutuelles tout en maintenant leurs positions de principe sur la manière dont la Knesset devrait gérer les décisions de la Haute Cour.